30 janvier 2008
AI-JE RATE QUELQUECHOSE ?
Ce Week-end, footing avec un ami de vingt ans. -3°C
A l’arrivée, on se réchauffe autour de la cheminée. Café et croissants que j’avais eu la bonne idée d’acheter en ville le matin, alors qu’il faisait encore noir.
La maison de mon ami se réveille petit à petit. Il a 5 enfants adolescents, entre 13 et 22 ans, et le dernier a invité un copain. Ca fait du monde.
Sur la chaîne Hi-fi, la première fille a s’être levé a mis un disque d’un jeune groupe français. Chansons à texte sur musique folk avec accordéon. On rigole. Les enfants apparaissent l’un après l’autre, les yeux englués de sommeil. Ils sourient quand ils voient les croissants. Remercient. Embrassent leurs parents, leurs frères, leurs sœurs. On parle du concert qu’ils sont allés voir la veille. De la journée à venir. Match, entraînement, cours de musique. On parle des vacances. On parle de musique.
A 10h45 je les quitte. Au moment de monter dans la voiture, la porte d’entrée s’ouvre. Une de ses filles passe la tête et me crie « Encore merci pour les croissant. Tu reviens courir avec mon père quand tu veux !!! »
Je roule vers la ville et je me souviens des petits déjeuner à la maison. Chaque fois que je partais faire du sport de bonne heure le matin (et c’était souvent) je remmenai des croissants. Je préparai la table du petit déjeuner et je rêvais de moments comme ceux là.
Mais du plus loin que je me souvienne, jamais cela ne se passait ainsi. Les enfants – j’en ai trois – ne se levaient pas. Jamais avant midi. Si je faisais du bruit pour que la maisonnée se réveille, les injures fusaient. Les enfants arrivaient en râlant. « j’ai acheté des croissants ». Ma fille me répondait immanquablement « tu peux te les foutre au c… ». Si par hasard, deux enfants se levaient en même temps, ils se battaient pour je ne sais quel bol, cuillère… que l’un avait soit disant piqué à l’autre.
Ainsi démarrait le Week-end…
Et j’ai plein d’autre mauvais souvenirs ainsi.
Aujourd’hui je vis seul. Je dis haut et fort que j’ai détesté avoir des enfants. Ils m’ont apportés tellement de désillusions et d’incofort !
Ai-je raté quelque chose ?
Commentaires
Je comprends ton ressenti. Les désillusions ne sont que la destruction des illusions que nous nous sommes construites. Tu as plein d’autres mauvais souvenirs, dis-tu. Mais tu en as sûrement de très beaux aussi. As-tu su les voir, les savourer ? Qu’attendais-tu de tes enfants ?
Faut que je m'assois, ce que j'aimerais comprendre(si tu n'as pas d'objections majeure, of course) c'est si tu écris ça parce que tu as la sensation d'avoir, ou que vous avez à 2, loupé certaines choses quand tu vivais avec eux et que ça te fais mal, maintenant, que tu écris:
"J'ai détesté avoir des enfants" en pensant j'ai détesté avoir des enfants à ce moment là de ma vie , car je me sentais désemparé de ne pas pouvoir leur apporter ce que j'aurais voulu leur donner et former une famille harmonieuse... l'harmonie dans les relations familiales , cela me fais penser à l'adage "la perfection n'est pas de ce monde" ,chez moi il y avait souvent "des crises" , mais aussi des moments "trop" heureux, un peu comme les montagnes russes ; cela m'avait rendu craintive et très peu sure de moi ; le chemin pour devenir "adulte" et commencer à "assurer" dans les relations aux autres a été long , mais c'est aussi en partie dans mon vécu de l'enfance et de la jeunesse avec mon père et ma mère que j'ai puisé ; je suis sure,(même si je ne te connais que d'après ton blog) qu'il y a aussi beaucoup de positif dans cette période avec tes enfants, impossible autrement ;-).
De toute façon, je pense sincèrement que même s'il est bien de se retourner sur certaines choses, d'être conscient qu'elles ont été ainsi et se répercutent dans le moment présent avec leurs influences négatives et positives ;
C'est maintenant et jamais trop tard , sans que les remords ou la rancune stériles ne nous en empêche, avec force et humilité, avec notre vécu et notre ressenti, nos faiblesses et notre amour, que l'on peut se rapprocher des siens.
Même si c'est dur, si on se ramasse des gamelles parfois, maintenir les liens et vivre des moments importants ensemble, même s'il y en a peu ; l'essentiel c'est qu’ils soient vrais et que l'on s'investisse avec tout son amour et sa tolérance envers l'autre.
Autrement, tu as failli me bousiller le peu d'audition qu'il me reste encore à mon grand âge, en parlant "haut et fort" ; n'hésite pas à recommencer, mais pas si fort, j'ai l'impression que tu as pas mal de potes qui prêtent attention et sont à l'écoute de ce que tu écris ;-)
Aussi non, Il y en a qui pensent ça aussi :
Je ne veux pas d'enfant,
Pas de fruit à mon arbre,
A mon chêne, pas de gland,
A mes joues, pas de barbe.
Je ne veux pas d'enfant
Pour consoler ma mort,
Pas de petit mutant,
Pas de petit Médor.
Je ne veux pas d'enfant
Qui sèche au tableau noir,
A la Guerre de Cent Ans,
Au fond d'un réfectoire,
Pas d'enfant aux curés,
Aux gradés, aux grognasses,
Pas d'enfant au piquet,
Ou premier de la classe.
Je ne veux pas d'enfant
Qui pleure ou qui babille
Et dont on est fier quand
Il fait souffrir les filles.
Je ne veux pas d'enfant
Pour réussir mes rêves,
Les rêves des parents
Qui s'étiolent et qui crèvent.
Je ne veux pas d'enfant
Qu'on s'épingle en médaille,
Qu'on arbore clinquant
Bien avant la bataille.
Je ne veux pas d'enfant
Pour la paix des ménages,
Petit témoin tremblant
Des couples en naufrage.
Je ne veux pas d'enfant.
Je ne suis pas normal.
J'ai déserté les rangs
Du troupeau génital.
C'est comme si j'étais nonne,
Gauchiste ou non-violent,
Enfin, de cette pègre
Qui fait peur aux parents.
Je ne veux pas d'enfant.
Je le gueule à la face
De ce monde des grands,
Assassins et rapaces,
Pas d'enfant pour vos guerres,
Vous les ferez sans lui.
Dans le sein de sa mère,
Il objecte sa vie,
Dans le sein de sa mère,
Il objecte sa vie !
Henri Tachan
Je suis venue hier, je ne savais pas quoi te répondre et là, je lis ce commentaire et je te dis tout pareil que MarieM :)
C'est triste ton expérience...
Je ne sais juste pas quoi te dire, je trouve ça dommage.
Merci à MarieM pour ce texte que je ne connaissais pas...
Et moi et moi et moi
Je lis votre texte et je suis ébranlée. Jetez sans remord à la face du monde "j'ai détesté avoir des enfants" est d'un courage inédit, quelle soit la pensée que recouvrent vraiment ces mots là ! Ils sont durs, inhabituels, politiquement incorrects dans notre société. J'ai longtemps souffert de ne pas en avoir et maintenant, le temps passant, le temps aidant ? je me dis que tout est pour le mieux dans le meilleur des mondes (merci Candide...) !
J'espère juste que prochainement, à l'instigation de MarieM vous saurez exprimer ce qu'il en est vraiment. En attendant, merci MarieM, bizarrement par votre texte cité, je me sens moins horrible, moins monstrueuse !
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