14 septembre 2009
AU FIL DU RAIL
Départ. Le TGV file à travers la verdure de l’autre France. Pas la mienne. Celle du Nord. Il y a des ponts avec des rivières dessous. A moins que ce ne soit des fleuves. En tout cas il y en a beaucoup.
Le long des routes, des silhouettes de tôle noire matérialisent les morts par accident de la route. On peut s’apitoyer. Ou bien ralentir. L’autre jour j’ai roulé en vélo sur une de ces routes. Nos grands communicants avaient inscrit l’âge des morts sur les panneaux. Ils avaient tous plus de 70 ans. Est-ce un mal de mourir dans un accident de la route à 80 ans ?
Le train file vers ma destination finale : une femme. Où ? Peu importe ! Un jour viendra peut être où j’arrêterai de penser avec ma bite. Ce jour là, les villes, les paysages auront de l’importance pour moi. Je me dirai : « si je retournais voir le musée de … » ou bien « j’adore l’architecture de … ». Mais en ce moment, je m’en fous. Mes pensées sont plutôt du genre « J’aimerai bien mettre mon nez dans l’énorme poitrine de XXX » ou bien « j’irai bien faire rebondir mes hanches sur les fesses offertes de YYY ». La seule ville qui retient mon attention en tant que ville, c’est Marseille. Et aussi Bayonne. Et bien évidemment Aix, mais là c’est hors concours. Pour le reste tout se vaut : Montélimar, Bruxelles ou bien Paris sont équivalentes dans ma cartographie personnelle, pourvu qu’il y ai de l’échange, du rire, de l’émotion et de la bonne baise
La chaleur du soleil sur mon bras me réveille. J’ai du dormir un quart d’heure. Je remets mes pieds nus dans mes mocassins Weston. J’en ai déjà parlé. C’est mon péché que d’être en jean, les pieds nus dans des pompes à un demi-smic. Mon esprit embrumé tente un parallèle entre ma vie rêvée et cette attitude. Les mocassins de luxe comme ellipse d’une vie de vagabond doré. Pas de lacet. Je rentre je sors comme je veux. Pas de chaussettes c’est le goût d’une certaine authenticité.
C’est nul. Le parallèle est foireux. Pourquoi toujours essayer de trouver un sens à tout ? J’aime être pieds nus dans mes mocassins. Un point c’est tout.
Je suis heureux de passer ces quelques heures avec elle. Je ris, je bande, je jouis. Un point c’est tout. Ni signification ni promesse…
Le train traverse à présent des villes de banlieue. Je hais les villes de banlieue. Et puis non. Ce n’est pas que je les hais, c’est qu’elles me font peur. M’imaginer vivant là revient pour moi à projeter l’image d’un échec total de ma vie. Le renoncement à tout ce qui fait valeur pour moi. J’en frissonne comme celui qui se penche au bord de la falaise et qui imagine sa chute. Le pavillon de banlieue est pour moi l’équivalent du grand canyon pour un vertigineux. A tout prendre, ça fait du frisson pour pas cher…
Je repense à celle avec qui j’aurai pu partir faire ma vie il y a 4 ans. Je me souviens qu’à l’époque je ne pouvais dissocier « je t’aime » de « je veux vivre avec toi ». Encore ce putain de modèle judéo-chrétien. Et pourtant j’avais la perception aiguë de l’aberration de cette deuxième proposition. J’aimais sa liberté, sa force de caractère frisant la psychopathie. Cette même force qui lui fait refuser de boire un verre avec moi aujourd’hui sous prétexte que nos souvenirs ne sont pas à la hauteur d’un simple café en terrasse. Foutaise. Et puis je me souviens d’une paire de chaussure qu’elle avait mise. A Marseille. C’était une belle soirée. Elles étaient moches. Les chaussures. Cela en avait presque gâché ma soirée. Comment aurais je pu vivre avec une femme capable de sortir avec de vilaines chaussures à Marseille. D’ailleurs je me souviens que se soir là, malgré ses mots de chienne lubrique, j’avais mis une éternité avant de pouvoir jouir dans son cul. Finalement, heureusement qu’elle a refusé de passer quelques minutes en terrasse avec moi : elle aurait pu avoir, encore une fois, des chaussures moches….
Commentaires
Rooooh en jean pied nus dans des weston ??? et puis le vertige une fois passé le périph... dites, on se connait ?
B
Je sortais avec M depuis environ un mois. Elle était plutôt baba cool, aussi bien dans le look que dans l'esprit. Un jour elle a voulu me faire plaisir en "s'habillant". Elle avait mis une jupe grise avec un haut vert. J'ai perdu 4/10e à chaque oeil tant les couleurs étaient mal assorties. Je l'ai quittée le lendemain. De toute manière, notre amour était impossible : elle n'aimait pas les mocassins à glands ;-)
Superbe post Zorg. Welcome back !
Les weston, ça me rappelle les garçons dans les "grandes" écoles ou j'ai fait mes études, au tournant des années 90, quand je portais les cheveux au carré, et des jupes droites qui serrent le ventre.
MelleDusk, j'ai fait aussi une soit disant grande école dans les années 90 et j'ai jamais vu de Weston... Par contre des moc à glands...
Monsieur Deftones, si, des Weston j'en ai vu des paquets. Et des mocassins à glands, et des collerettes, et des boucles d'oreille Chanel en toc, et des blazers bleu marines à boutons dorés, et de l'imprimé écossais en veux tu en voila. Même qu'au gala de l'école ca faisait une grosse bouillie verte et rouge devant mes yeux quand les gens dansaient le rock essuie glace .
:-) j'aime beaucoup cette note ... et ces chaussures moches heureusement, il en faut parfois pour se rassurer.
Mademoiselle Dusk, je ne sais quelle école vous avez fait, mais la mienne n'était pas aussi verte et rouge. A l'inverse, j'admets que beaucoup de confrères sup de cons dansaient le rock-essuie glace, y compris sur de la techno.
Je me souviens qu'à l'époque, j'avais été obligé d'intervenir...
J'aime beaucoup ! Mais je sais pas, malgré la vitesse de ton train, ton cerveau qui pense avec ta bite (sic), tes villes à amantes, je sens autre chose à la fin, quelque chose de plus humain, plus sentimental avec un poil d'amertume, je me trompe ?
Bises de papillon
zorg
en tant que shoes addict les weston ça le fait plus , trop années 90 ,
je te conseil corthay , ou les andy de chez berlutti sans chaussette et avec un jean nudies ou edwin au bas legerement élimé .
sinon je tenais à te remercier pour ton adresse de calanques marseillaises qui m'a permis un superbe bain de minuit et plus puisque affinités.
madamedusk
seriez vous de ces BCBG qui étaient mon fantasme absolu dans les années 90 .... vous allez réveiller de vieilles envies en moi , comme trousser les jupes bleue de X ... et la sodomiser accrochée à un prie dieu ( X était trés religieuse) mais je n'avais pas de particule ( elle epousa un de je sais pas quoi de je sais plus comment)
bon je dis ça mais au gala de l'ecole d'à coté une BCBG m'a capturée et mis la bague au doigt
@ Zorg : achète lui donc des chaussures au lieu de râler !
@ Waid : amusant, je le sentais venir ce commentaire de ta part :D
@deftones : chez moi, au début des années 90, il y avait du tartan, monsieur ! et le tartan ça swingue sur le rock essuie glace je confirme !
@waid : je pense que vous allez remettre vos fantasmes de sodo liturgique à plus tard, ou bien exercez-vous sur votre bourgeoise....je ne mange pas de cet encens-là. Bien à vous.
@Zorg : tu réponds plus à tes commentaires, feignasse ? C'est quoi ce blog à deux balles ?
@ tous : Content que ce post vous ai plu. Désolé pour le retard, mais au pays du renouveau de l'obscurantisme, le fournisseur d'accès à fermé boutique, en plein mois de longue lune. Impossible de vous répondre. Je profite d'un passage en France pour répondre...
@ petite française : non pas encore. Mais si tu viens au Paris carnet du 7 octobre, j'y serai...
@ deftones75 : Thanks. Préférait elle les glands à mocassins ?
@ Dusk : inutile de me dire qu'elle était facile celle-là : je suis chez moi, je fais ce que je veux avec mes cheveux.
@ Dusk : oui, j’abrège parceque «MademoiselleDusk» c'est vraiment trop long et puis ca fait genre qui a été dans les grandes écoles, qui porte des collerettes, et des boucles d'oreille Chanel en toc, des blazers bleu marines à boutons dorés, de l'imprimé versaillais en veux tu en voila et qui danse le rock écossais, alors que tout le monde sait bien que tu ne portes que du latex noir et que tu danses le pogo sur du punk avent de finir dans des caves sombres dont s'échappe des cris d'origine incertaine...
@ Dusk donc : Ben ouai : c’est de là que ça me vient : on ne devient jamais que ce qu’on a été...
@ Deftones75 : Les mocassins à glends ca m’a passé. Le rock essuie glace : ca m’est resté. Hélas...
@ Bougrenette : Merci. Prochain Paris carnet ?
@ VéroPapillon : si tu le dis. J’ai vraiment ecrit au fil du rail...
@ Waid : pour la calanque : avec plaisir. Pour les chaussures et les jeans : je ne crois pas que je vais changer. L’anticonformisme se niche aussi dans ça...
@ Emmeline : surtout pas ! ! ! essayer de changer l’autre est une impasse. A la rigueur une remarque pour qu'elle évolue. Mais si une femme n’est pas capable de voir que des chaussures sont moches ou bien inadaptées à la situation, il y a peu d’espoir que notre liaison s’éternise. J’suis Balance, moi, madame.
@ Dusk Je confirme. Et aussi du polo Lacoste rose à col relevé. Quand j’y repense, je ne m’étonne pas de m’y être tant fait chier....
Tu es balance et... ? J'y connais strictement rien en astrologie.
(mademoiselle voyons, pas madame ! )
Alors là m'sieu Zorg, chuis déçue ! Où vont se nicher tes critères de sélection, c'est d'un snobisme ! ...
Heureusement que dans les pays pauvres qui ont bien d'autres soucis que de s'offrir des Weston ou des pompes pour faire bander monsieur, il y a des hommes pour aimer les comtesses aux pieds nus ...
(et ne nous sors pas ton argument astrologique bidon, je suis Balance aussi et pourvue d'un dard, en sus ;))
@ Émeline : ben en résumé, mademoiselle, quand ca balance, ca balance, moi je suis chez moi...
@ Fiso : Faut dire que j'en ai marre des babouches... Dans les bidonvilles où je travaille, je vois souvent des bergères crasseuses, et je me dis que les cobntes sont bien des légendes...
Quand à ton dard, va falloir m'expliquer ?
Possible :-) même si j'en suis revenue du PC.
juste que je trouvais ça un peu triste à la fin (bon, c'est peut-être à cause des "chaussures moches"... mon Dieu, quelle horreur, hyper perturbant pour moi ! ;o)
Il n'y aurait pas une chanson avec un refrain où ca balance ?
Toujours pas compris le truc avec la balance mais pas grave, je vais aller me coucher, ça ira mieux demain (enfin j'espère) :)
Je viens de trouver pour la chanson, c'est de Tragédie :D
Allez, un p'tit lien, je ne peux pas résister :
http://www.youtube.com/watch?v=Mbj27i3HPeM
(j'interdis à quiconque de dire que j'ai des goûts de chiotte !)
emeline
il est interdit d'interdire t'as des gouts de chiottes
Waid, je te déteste :D
Je me vengerais...
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